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Santé à l’étranger : une couverture largement répandue

COMMUNIQUE DE PRESSE – Juillet 2026 – Le Baromètre Santé 2026 d’Expat Communication réalisé avec la CFE (Caisse des Français de l’Etranger) met en lumière une réalité nuancée de l’expatriation : les expatriés sont très majoritairement couverts, trouvent globalement à se soigner sur place et évaluent plutôt correctement la qualité des médecins. Mais il apparaît aussi des tensions liées au coût, à la lisibilité des garanties, au renoncement aux soins et au besoin de soutien psychologique.  L’enquête a recueilli 6 231 réponses dans 80 pays.

Une qualité de soins souvent bien jugée, mais une confiance plus fragile selon les pays

Les expatriés distinguent nettement la qualité des praticiens de celle des systèmes. La relation médecin-patient obtient une note de 7,3 sur 10, la compétence des médecins 7,2 et la qualité des équipements 7,1, tandis que la confiance dans le système de santé local tombe à 6,6. Au total, 67 % jugent la qualité des soins équivalente ou meilleure qu’en France, dont 23 % qui la considèrent meilleure.

Cette bonne perception s’appuie sur des éléments très concrets tels que la rapidité d’accès, la disponibilité, l’écoute, le temps consacré au patient et la modernité des équipements. Les témoignages montrent toutefois que cette satisfaction est souvent tempérée par un malaise face à la marchandisation de la santé, à la surprescription ou à la fracture entre secteur privé performant et secteur public dégradé.

Les pays qui ressortent le plus nettement comme offrant des soins perçus meilleurs qu’en France sont Singapour, la Thaïlande et les Émirats arabes unis. À l’inverse, les plus mauvais scores de qualité perçue sont observés au Gabon, à Madagascar et au Cambodge.

Un bon accès aux soins localement, mais encore inégal selon les contextes

L’accès aux soins dans le pays de résidence obtient une note moyenne de 6,7 sur 10, et 73 % des répondants disent trouver facilement un médecin de confiance. Mieux encore, 83 % obtiennent un rendez-vous chez un généraliste en moins de trois jours et 79 % voient un spécialiste en moins de deux semaines. Cela nourrit une perception d’efficacité très supérieure à celle souvent associée à la France sur les délais.

Dans le même temps, 39 % jugent malgré tout que leur accès aux soins est moins bon qu’en France, ce qui souligne le poids des repères culturels, du maillage territorial et de la confiance dans les dispositifs. Le recours au privé domine très nettement, aussi bien au quotidien qu’en cas de besoin important. 21 % des répondants disent s’être déjà sentis en danger sur le plan médical, principalement à cause d’une couverture jugée insuffisante, d’une qualité de soins insatisfaisante ou d’un manque de confiance dans le système local.

Le sentiment de sécurité sanitaire évolue favorablement ou reste stable pour 74 % des expatriés depuis leur départ, mais les écarts pays sont très marqués. Les Émirats, Singapour et la Thaïlande composent le trio de tête des pays où ce sentiment s’améliore le plus, tandis que le Gabon, Madagascar et le Canada constituent les trois pays où il se dégrade le plus nettement.

La CFE reste un pilier central, un vrai filet de sécurité

La couverture santé est quasi universelle dans le panel : 93 % des expatriés déclarent être couverts, et 73 % s’appuient sur la CFE, seule ou associée à une complémentaire. Le montage dominant est clairement celui du tandem CFE + complémentaire, signe que la CFE reste le socle de référence des expatriés français, tout particulièrement pour conserver un lien avec le système français, préparer un retour éventuel et se prémunir contre les risques lourds.

La satisfaction globale vis-à-vis de la couverture atteint 61 %, mais 34 % se disent insatisfaits, et les formules reposant sur la CFE seule apparaissent parmi les moins satisfaisantes. « Il faut mettre ceci en perspective en faisant le parallèle avec la Sécurité Sociale pour ceux vivant et travaillant en France. Ce service seul est aussi insuffisant et doit être complété par des assurances, mutuelles, ou encore complémentaires pour obtenir un niveau de prise en en charge et de remboursement en adéquation avec les attentes des souscripteurs » rappelle à juste titre Mme Rachida Kaci, Directrice du Développement, du Marketing et de la Communication de la CFE.

L’étude souligne aussi un déficit massif de compréhension : aucune dimension de lecture du contrat ne dépasse 6 sur 10, la moyenne est de 6,0 et la garantie rapatriement constitue l’angle mort principal avec une note de compréhension de 4,7.

Concrètement, la CFE joue un rôle de continuité, de protection de base et de sécurisation administrative dans l’imaginaire des expatriés. Elle est le plus souvent considérée comme un premier étage qui doit être complété pour répondre aux réalités concrètes des soins à l’étranger. Dans les témoignages, la CFE est décrite comme un bouclier nécessaire, mais imparfait, avec une complexité des démarches, des délais de remboursement et une hausse ressentie des coûts.

Le coût de la santé à l’étranger devient une ligne de tension majeure

Le coût apparaît comme l’un des messages les plus forts de cette enquête. Plus d’un expatrié sur deux, soit 51 %, juge les soins plus chers que dans son pays d’origine, et 41 % disent que ce sujet constitue une source d’inquiétude. Pour les consultations, les soins courants restent relativement accessibles chez le généraliste, avec 62 % des répondants qui paient moins de 50 euros, mais la facture monte vite chez les spécialistes, 32 % déclarant payer plus de 100 euros par consultation.

Cette pression se cumule avec un mode de financement très individualisé. 56 % paient plus de 200 euros par mois pour leur couverture, 38 % plus de 300 euros, et 71 % financent eux-mêmes leur protection santé, ce qui pèse particulièrement sur les indépendants et les retraités.

Les classements pays confirment ce ressenti. Les États-Unis, Singapour et la Suisse forment le top 3 des pays où les soins sont perçus comme les plus chers, tandis que Madagascar, la Tunisie et la Malaisie forment le top 3 des pays où ils sont perçus comme les moins chers. Mais un coût faible ne signifie pas forcément tranquillité, car les témoignages montrent que l’accessibilité financière reste souvent dépendante du secteur privé, de la qualité réelle des soins disponibles et du niveau de couverture.

Une charge financière qui conduit au renoncement et nourrit l’anxiété

L’enseignement le plus préoccupant est sans doute celui du renoncement aux soins. Malgré un taux de couverture de 93 %, 26 % des expatriés ont déjà renoncé à des soins dont ils avaient besoin et 40 % les ont reportés, soit 53 % qui ont déjà différé une prise en charge. Les deux raisons principales sont très nettement le remboursement insuffisant, cité par 51 % de ceux qui ont renoncé ou reporté, et le coût trop élevé, cité par 48 %.  Cela dépend aussi des garanties et niveaux de prise en charge par les mutuelles et complémentaires santé.

Cette fragilité financière est aggravée par une forte opacité. 59 % des répondants disent ne pas bien comprendre les coûts liés aux soins, 37 % ne savent pas combien coûte une hospitalisation standard dans leur pays de résidence, 31 % ignorent leur reste à charge annuel et 19 % ont déjà reçu une facture inattendue.

Cette pression a des conséquences sérieuses. Le renoncement ou le report de soins coûte de 10 à 12 points de moral, et la corrélation avec l’état de santé est quasi linéaire : plus la santé perçue se dégrade, plus le renoncement augmente. Chez les répondants en état de santé jugé préoccupant, le moral tombe à 44 sur 100, contre 87 pour ceux qui se disent en excellente santé, et le renoncement est près de trois fois plus fréquent.

Le soutien psychologique, angle mort persistant de la protection santé

Le vécu psychologique ne ressort pas comme un effondrement global, mais comme une tension diffuse et durable. Les deux principales frictions sont le stress administratif, noté 3,7 sur 10, et l’anxiété liée à la gestion de sa santé à l’étranger, notée 3,4 sur 10, tandis que 72 % ne remettent pas du tout en cause leur expatriation. Cette stabilité apparente ne doit pas masquer les signaux faibles : 12 % disent que leur bien-être psychologique s’est dégradé depuis le début de l’expatriation, et les femmes apparaissent presque deux fois plus touchées que les hommes.

Le besoin d’accompagnement psychologique est d’autant plus saillant que l’offre reste très insuffisante. Seuls 11 % déclarent avoir accès à un dispositif de soutien psychologique, 40 % n’y ont pas accès malgré un besoin potentiel, et les verbatims convergent pour dénoncer un déficit structurel de prise en compte de la santé mentale par les assureurs. Chez les familles expatriées, la psychologie figure d’ailleurs parmi les pratiques complémentaires les plus souhaitées pour les enfants, juste derrière l’ostéopathie.

La dimension géopolitique ajoute une couche supplémentaire de charge mentale. L’impact des crises globales et celui des tensions au Moyen-Orient obtiennent chacun une note de 2,8 sur 10, avec 13 % de répondants fortement anxieux face à ces événements. Le trio des pays où l’expatriation est le plus remis en cause est composé des États-Unis, du Liban et des Émirats arabes unis, ce qui éclaire le lien entre contexte géopolitique, sentiment de vulnérabilité et demande de soutien plus structuré.

A propos de La Caisse des Français de l’étranger (CFE) : le prolongement de la Sécurité sociale à l’étranger

La Caisse des Français de l’Etranger (CFE) est une caisse de Sécurité sociale spécialement créée en 1978 pour les Français expatriés. à la CFE permet aux Français de l’étranger de continuer de bénéficier de la même protection sociale à l’étranger qu’en France. Sur adhésion volontaire, la CFE offre une protection sociale sur mesure : maladie-maternité, accidents du travail et retraite.

La CFE accompagne les Français de l’étranger quelle que soit la situation durant l’expatriation, quel que soit le pays de résidence ou de séjour, et cela sans exclusion liée à la nature de la pathologie ou des circonstances (catastrophe naturelle, faits de guerre, attention…).

La CFE assure ainsi la continuité avec le système français de Sécurité sociale au départ et au retour d’expatriation et la prise en charge des frais de santé pendant les séjours temporaires en France.

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